Adios Alicia

Alicia Ernestina de la Caridad del Cobre Martínez del Hoyo, épouse Alonso, vient de décéder à 98 ans, après près de 70 ans passés à la tête du Ballet Nacional de Cuba.

Avant de laisser le rideau retomber, je vous propose un rapide parcours dans la vie d’Alicia Alonso : Née en 1921, elle épouse son partenaire à la scène, Fernando Alonso, à l’âge de 15 ans. C’est aux États-Unis que débute vraiment sa carrière, malgré une quasi cécité survenue très tôt.

Étoile au New York City Ballet, elle retourne à Cuba auréolée d’une réputation internationale pour y fonder sa compagnie. Après quelques années de succès, elle proteste contre le régime de Batista en interrompant son activité sur le sol cubain.

Alicia Alonso et Erik Bruhn dans le pas de deux de Giselle, 1955

Mais 1959 la propulse à des hauteurs vertigineuses, si près du pouvoir qu’elle aura toute latitude pour développer son travail au sein du désormais officiel Ballet Nacional de Cuba.

On a tout dit sur son caractère intransigeant, son pouvoir disproportionné et ses difficultés à raccrocher le tutu, malgré l’âge de ses cartilages. Il faut toutefois noter qu’au plus fort de la campagne qui envoyait les soit-disant « déviants » dans des camps de travail (les sinistres UMAP), elle est intervenue pour faire libérer des danseurs de sa compagnie. Leur seule erreur politique était leur orientation sexuelle…

Pour comprendre les problèmes de succession posés par sa longévité, il faut comparer avec d’autres étoiles de la même génération : Imaginez le Royal Ballet de Londres toujours dirigé par Dame Margot Fonteyn (1919 – 1991) ou le sublime Erik Bruhn (1928 – 1986) toujours directeur artistique du Ballet Royal du Danemark. Et pourquoi pas, la grande Yvette Chauviré (1917 – 2016) à la tête du Ballet de l’Opéra de Paris, à la place d’Aurélie Dupont…

Depuis janvier 2019, c’est l’étoile Viengsay Valdés qui dirige le Ballet Nacional de Cuba. À suivre !


Photo à la Une : Saluts à la fin d’une représentation du Ballet Nacional de Cuba, Alicia Alosnso apparaît et tire sa révérence sous les ovations du public. La Havane, janvier 2015.

Parlez-vous cubain ? Papaya et 7 faux amis

On vous a déjà proposé une belle tranche de papaya avec un sourire en coin ? Normal, à Cuba ce mot désigne le sexe féminin…

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Les murs ont la parole # 4 : un album 2019

Parcourant les rues de La Havane pour y voir des expos, le regard affuté et l’esprit disponible, j’étais prête pour une nouvelle moisson de street art :

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Journal de Biennale : dimanche tu n’as rien vu…

À l’aube de cette ultime journée dans la capitale cubaine, je décide de faire mienne la phrase de Robert Filliou « L’art est ce qui rend la vie plus intéressante que l’art » et je vais… à la plage !

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Journal de Biennale : samedi Utopie et transports en commun

Tandis que la chaleur augmente et que les déceptions s’accumulent, je décide d’alléger le programme de visites. On va commencer en douceur sur la Rampa, au Pabellon Cuba dont j’adore l’audacieuse casquette de béton.

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