O comme Oro Negro

Oro Negro, Servicentros ou Servicupet (pour Cuba Petroleo) : ce sont les stations services cubaines où l’on achète l’Or Noir à la pompe. Apparemment, rien de bien original si ce n’est que :

  • Construites pour la plupart dans les années 50, elles ont un look rétro inoubliable et évoquent parfois une toile d’Edward Hopper.
  • Il ne faut JAMAIS prendre la route sans s’être renseigné sur l’emplacement de la prochaine, le réseau routier étant ce qu’il est.
  • Dans le cadre d’une station service, le terme « ponchera » s’applique au gonflage des pneus, rien à voir avec un bol de punch.
  • Et bien entendu, la distribution de carburant est un monopole d’État.
La station service Tangana, sur le Malecón, bien connue pour les files interminables qui s’y forment en période de pénurie.

Trop souvent l’Or Noir brille par son absence, car les pénuries s’exercent sur le carburant, qu’elles soient dues à un défaut d’approvisionnement ou… de distribution. Scène de la vie quotidienne : Un chauffeur de taxi contourne la station fermée et va s’approvisionner dans la ruelle derrière, où on lui sert un gallon après avoir vérifié l’absence de police à l’horizon. ¡ Hay que luchar !

Autre scène de la vie quotidienne : en période de crise, des files d’attente qui font le tour du pâté de maison… assorties d’un système astucieux de priorités pour les véhicules professionnels.

De fait le pétrole est un souci permanent pour les cubains, depuis la « période spéciale » des années 90 où tous les véhicules privés, commerciaux ou agricoles sont restés à rouiller sur les bas côtés faute de carburant. D’autant que les magnifiques vieilles américaines consomment énormément !

Carretera de Guantanamo, Cupet Cimex 2013
Carretera de Guantanamo, Cupet Cimex 2013

L’enjeu est de taille pour les pays qui ont les moyens d’investir sur l’île. Pour n’en citer qu’un, le Canada s’est impliqué dans un forage près de Varadero. Et le Venezuela, pays frère (jusqu’à quand ?), continue tant bien que mal de livrer l’Or Noir à prix cassé, malgré l’embargo.

Le carburant étant indispensable à la bonne marche de la société et aussi au tourisme, dont les recettes permettent de s’approvisionner, vous voyez d’ici le cercle interminable.

Allez, encore une heure ou deux d’attente avant de faire le plein…


Photo à la Une : Sur la route de Trinidad en 2010 : station service Oro Negro


Suite de l’abécédaire de l’espace public ici :