H comme Helado

Envie d’une glace ? Longtemps il n’y eut que deux possibilités : Coppelia ou les marques internationales, disponibles dans les magasins en devises. Rien d’exceptionnel sur le plan du goût.

Et puis est arrivé le cuentapropismo et des centaines de glaciers « indépendants » ont fleuri pour le plus grand plaisir de tous. Car les Cubains sont fous de glaces et de sucreries en général.

Coppelia, en sa Maison Mère de la Havane, est connue dans le monde entier grâce à son architecture audacieuse et ses apparitions cinématographiques, notamment dans Fresa y Chocolate (Tomás Gutiérrez Alea et Juan Carlos Tabío, 1993). Mais savez-vous qu’elle a des succursales un peu partout : Santa Clara, Santiago sur l’avenue Garzon, Matanzas près du terminal d’autobus, Ciego de Avila sur le bulevar

Ci-dessous 3 minutes de cours d’espagnol de Cuba et la fameuse réplique « Hoy es mi dia de suerte¡encuentro maravillas!… Où est le Cahier du Cinéma ?« 

Depuis 1966, la sortie chez Coppelia est  une tradition familiale, même s’il faut faire la queue pendant des plombes sur le trottoir et se contenter du seul parfum disponible ce jour-là. Il paraît que c’est Celia Sanchez qui a nommé cette entreprise d’état d’après son ballet favori… Et moi qui croyais que c’était à cause de son toit en forme de tutu (bien visible depuis la Torre de l’edificio Focsa voisin) !

Petit reportage au Coppelia de Camagüey : une dame vous accueille derrière un haut guichet de marbre au charme « salon de thé des sixties » et vous choisissez parmi des arrangements prometteurs : mango melba, banana split, sundae… puis muni de votre ticket vous faites la queue à un autre comptoir où aucun effort n’est fait pour dissimuler l’aspect industriel de la fabrication.

Là vous découvrez qu’il n’y a effectivement qu’un seul parfum (ce jour-là platanillo), seule la forme des coupelles varie. Une fois servi vous partez vous installer dans la vaste salle pour déguster et voilà. Fin de l’aventure gastronomique.

Les glaciers indépendants proposent des produits beaucoup plus chers, mais d’une qualité incomparable. Certains sont installés dans de beaux locaux : s’ils ont ouvert, c’est sans doute grâce à des investissements étrangers. Mais s’ils ne désemplissent pas, c’est parce que c’est diablement bon ! Et surtout plus inventif, car ils savent tirer partie des ressources locales : sorbet goyave, glace au guanabana, au mamey… une tuerie !

La Havane, un choix inconcevable il y a quelques années encore, chez Amore, le glacier chic de la calle Linea. Prix en CUC.

Bayamo, un modeste fabricant de glaces maison, prix en moneda nacional.

Enfin, plus modestes mais à tester, les « petits » indépendants qui fabriquent des durofrios (bâtonnets glacés) dans leur cuisine et les vendent sur le trottoir, diversifiant ainsi la tradition des carreteros qui proposent des granizados (glace pilée et sirop) aux coins de rue. Par grosse chaleur, c’est rafraîchissant donc vital !

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Pour plus d’infos sur la nouvelle vague des glaciers et pâtisseries à Cuba, voyez l’article Désir de sucre à La Havane.

Photo à la Une : commerce de « coco glacé » et tranches napolitaines dans Habana Vieja.


Suite de l’abécédaire de l’espace public ici :

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