Cinéma, Arts visuels : cuba online

Fin du confinement mais pas de l’isolement : on n’est pas près de fouler à nouveau l’aéroport José Marti, ni le Museo de Bellas Artes de La Havane… Alors voyons ce qu’internet nous propose pour soigner notre nostalgie cubaine :

Ciné cubain en quarantaine

Profitez de l’initiative bienvenue de José Luis Aparicio Ferrera et de la revue Rialta, qui depuis le début du confinement publient régulièrement des films indépendants et/ou expérimentaux cubains sur la page FB Ciné cubano en cuarentena.

Une vraie mine d’or, à explorer en prenant son temps, pour découvrir les essais cinématographiques de Yimit Ramirez, Carlos Melian, Miguel Coyula… toutes esthétiques confondues.

Ci-dessus Aire Libre de Sandra Cordero (2009), documentaire sur le regretté festival électro/alternatif Rotilla. Ci-dessous, une plongée dans le quotidien de Danza Contemporanea de Cuba : Fuera de Escena de Alejandra Aguirre (2016).
n.b. si vous ne voyez rien dans le cadre ci-dessous, cliquez sur ce lien.

Fuera de Escena, Alejandra Aguirre (2016)

Havana Film Festival New York a dû annuler son édition 2020. Qu’à cela ne tienne, la fondation met sa collection de classiques cubains à votre disposition.

Notamment deux documents mythiques mais qu’on n’a jamais l’occcasion de voir : El Mégano (1955) de Julio García Espinosa et Esta Tierra Nuestra (1959) de Tomás Gutiérrez Alea. Le noir & blanc est un peu rugueux mais comment résister à ces premiers fruits du cinéma révolutionnaire ?

Carton d’introduction de Esta Tierra Nuestra, de Tomás Gutiérrez Alea (1959). Quelques semaines avant la création de l’ICAIC, c’est la « Direction Nationale de la culture de l’Armée Rebelle » qui produit les premiers films de la Revolución.

Depuis cette page vous pourrez aussi visionner des raretés de Nicolás Guillén Landrián, cinéaste injustement écarté de ces années-là.

Plus léger et tout aussi mythique, Vampiros en La Habana (une tuerie) est à siroter depuis votre canapé, ainsi que d’autres incunables du cinéma latino-américain.

Arts visuels

À tout seigneur tout honneur, le Museo Nacional de Bellas Artes propose un jeu sur les réseaux sociaux qui va vous permettre de réviser vos classiques et vos modernes tout en vous en vous amusant. Amelia Pelaez ? Mariano Rodríguez ? un smartphone et hop, envoyez vos photos au Musée, elles seront publiées sur la page FB de l’institution.

Amelia Pelaez, Gudinga (1931) et son interprétation contemporaine, anonyme, 2020.

Vous trouverez l’inspiration sur le site du musée, plutôt bien fait. Je vous recommande la section Arte Cubano !

Une exposition sans visiteurs, c’est triste. Dommage pour Marta María Pérez Bravo (La Havane, 1959) dont les œuvres contemplent les salles désespérément vides du musée. Essayez la visite virtuelle ci-dessous, pour vous faire une petite idée de l’univers si personnel de cette photographe.


Non loin de là, Factoria Habana avait monté une belle expo pour fêter ses 10 ans : 10 de 500 / La cuadratura del círculo.

Faute de fouler ses grandes salles, vous pouvez consulter le dossier en PDF. Avec un peu de chance, l’expo ré-ouvrira et on pourra la voir en… décembre ? Croisons les doigts.

José Manuel Mesias, Sombrero 1873 (fragment). Photographié à Factoria Habana en 2018.
Rocio Garcia, Beliki Tuman, galeria Villa Manuela, Biennale de La Havane 2019.

Si vous souhaitez approfondir le sujet et que vous maîtrisez bien la langue de José Marti, vous pouvez vous plonger dans le site passionnant El Señor Corchea, conçu par la curatrice Elvia Rosa Castro. Une vision critique et salutaire des différents mouvements de l’art contemporain cubain.


Street Art

Par essence, le street art ne peut pas être déterritorialisé, il est ici et maintenant, au coin de la rue et sans prévenir, sans la médiation de l’écran d’ordinateur !

Mais Yulier P. dont je vous ai déjà parlé plus d’une fois, n’a pas baissé les bras et il vous envoie cette jolie vidéo :

Vous y reconnaissez peut-être des coins où vous êtes passés ? Sinon, mettez-les au programme de votre prochaine visite !

Ce n’est qu’un au revoir

Voilà, c’était la sélection réalisée pour vous par Serendipia. Mais les ressources en ligne pour rester en contact avec la création artistique de l’île sont innombrables. N’hésitez pas à fouiner et nous faire part de vos trouvailles !

L’art est un antidote à l’isolement, un point de départ pour exprimer et ressentir notre vision du monde. S’il ne soigne pas encore tout, notamment pas le virus Covid-19, il va plus que jamais nous aider à envisager la fin du tunnel. Ou tout au moins, à passer du bon temps à la maison, d’autant que Cuba n’est pas encore prêt à nous accueillir…

Bonus

Allez, vous le méritez bien : profitez pendant quelques jours encore de cette captation de Malpaso Dance Company dans 24 Hours and a Dog, filmé au Joyce Theater de New York. Si ça vous donne envie de bouger, sachez que c’est le but. À bientôt !


Image à la Une : Challenge du Museo nacional de Bellas Artes : recréer les œuvres à la maison. Ici une réinterprétation de Unidad (1938) de Mariano Rodríguez. #QuedateEnCasa #ArteCubanoOnline

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *