Avertissement : cet article s’adresse à celles et ceux qui récidivent à Cuba. Vous y retournez mais cette fois-ci vous aimeriez bien ne pas vous cogner à chaque instant à vos semblables ? Tentez ces 3 expériences, garanties (presque) 100% cubaines et sans touristes !
Une plage de quartier
Sable + palmiers + parasol = bonheur. Mais aujourd’hui vous n’avez pas envie (ou pas le temps) d’aller passer la journée aux Playas del Este ? Direction la Playita de 16 pour piquer une tête – un chapuzón comme on dit ici. Au bout de cette rue assoupie de Miramar, vous distinguez tout d’abord un parking ou un terrain vague mais en fait c’est une petite plage !
De telles « plages » émaillent la côte, à Alamar comme à Miramar ou plus loin vers l’ouest. Certaines sont privées, d’autres seulement connues des habitants du quartier. Si je mets le mot « plage » entre guillemets, c’est que l’infrastructure est sommaire : 4 parasols, 3 bancs, une bande de béton qui serpente sur le gazon pelé… et des rochers coupants qui imposent le port de sandales plastique.
Mais quelle ambiance ! Des familles, des vieilles dames habituées depuis 50 ans, des ados qui se partagent un seul masque de plongée mais s’amusent comme des fous… et, depuis quelques temps, un café-restaurant avec terrasse pour contempler le tout après le bain.
C’est une bonne occasion de constater que Miramar n’est pas peuplé que de diplomates et de nouveaux riches, loin s’en faut. N’oubliez pas votre pique-nique (car ici personne ne viendra vous vendre quoi que ce soit), attention aux oursins et bonne baignade !
Un salon de beauté
Vous avez remarqué les ongles impeccables des Cubaines et vous souffrez de la comparaison ? Direction le salón de belleza ! Pour vous faire poser du vernis à un prix imbattable, tout en observant l’évolution de la société. Car les salons cubains sont de deux sortes. Les cuentapropistas : les esthéticiennes sont « à leur compte » ; ou les « estatales » : les salarié-es sont payé-es par l’État.
Dans le premier cas, il vous en coûtera autour d’1 CUC pour une pédicure avec un joli vernis, ou un peu plus si vous osez le motif panthère ou coccinelle. Ces salons font généralement de la réclame dans la rue et sont parfois installés dans des appartements.
Dans le deuxième cas, préparez-vous à un voyage dans le temps : matériel vétuste, robinet qui goutte et un mélange d’images pieuses, de slogans révolutionnaires et de vieilles pubs décolorées, en guise de déco. Pour le même service vous ne débourserez que 5 CUP mais le résultat n’est pas de la même qualité (du moins dans mon expérience).
Mais comment les distinguer de l’extérieur ? Pas à leur mobilier, car les entrepreneuses ont souvent racheté le salón qui les employait, et conservé les fauteuils délicieusement kitsch.
Le truc infaillible c’est la gamme de vernis disponibles. Moins de 6 ? vous êtes dans un salon de l’État. Une ribambelle de couleurs ? Vous êtes chez une cuentapropista. C’est comme pour les glaciers (mais ceci est une autre histoire).
Enfin si vous êtes en train de lire cet article ET que vous êtes un homme, ne vous sentez pas exclu : Il y a des barbiers à tous les coins de rue ! La seule raison pour laquelle je ne vous en parle pas, c’est que je ne les fréquente pas personnellement.
À la chasse aux édicules
Tout le monde collectionne les photos d’almendrones, démarquez-vous en capturant l’image des glorietas et kiosques qui émaillent l’espace public !
Les kiosques mauresques ou Belle Époque ont fleuri dans les villes cubaines comme ailleurs au début du XXe siècle… mais après 1959 ils ont changé de style et de matériau. C’est fou ce qu’on peut faire avec du béton et un peu d’imagination !
Pour les trouver ce n’est pas bien difficile, il suffit d’arpenter les artères principales des grandes villes : Dans un pays où le soleil tape dur, il est nécessaire de se mettre à l’ombre une partie de la journée. Alors ces étranges édicules ont un succès fou, surtout depuis que certains sont devenus des spots wifi.
La vie de quartier se concentre autour de ces structures rondes, carrées, en étoile ou plus créatives encore, régulièrement repeintes en camaïeu de bleu ou soulignées de rouge. C’est l’avantage du béton : un coup de peinture et hop, il est comme neuf !
En ouvrant l’œil, on tombe sur des modèles de plus en plus délirants dont on se demande si l’architecte avait fumé la Constitución de 1976. Mention spéciale pour celui qui se trouve au bout de la calle 25 dans le Vedado, tout en découpes et pointes de diamant.
De kiosque en glorieta, vous pouvez visiter la ville en découvrant ces monument du quotidien, ça vous changera de ceux qui figurent sur votre guide…
Inventez vos visites !
Depuis votre premier Viazul, vous faites une fixette sur les arrêts de bus ? Faites-en le thème d’une promenade. Et photographiez-les : ils sont souvent magnifiques ! Ou alors testez tous les marchés alimentaires de Santiago, tous les cinémas du Vedado ou toutes les églises de Guanabacoa : vous voyagerez – au sens propre – hors des sentiers battus. C’est parti !
Le plan d’accès à la Playita de 16 est fourni par Openstreetmap, outil de cartographie collaborative. Merci !
Photo à la Une : Pour une expérience hors cadre, la playita de 16 à Miramar, une plage de quartier sans confort mais avec ambiance.