Cuba : Prévenir par l’Image

Tout le monde sait que le confinement est quasi impossible pour la plupart des Cubain-es. Mais cela n’empêche pas la créativité ! Annick Woungly pense à eux depuis l’Europe et vient de publier une belle série d’affiches.

En V.O. ces affiches sont déjà bien connues des cinéphiles et des amateurs de sérigraphie, leur qualité visuelle ayant résisté au temps depuis les années 60. Si le sujet vous intrigue, voyez la page Graphisme & Design où l’on tente d’expliquer ce mystère.

Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Reboiro, pour le film Hara Kiri de Masaki Kobayashi, 1964.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Alfredo Rostgaard, anniversaire de l’ICAIC, 1965.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Alfredo Rostgaard, pour le documentaire Now ! de Santiago Alvarez 1965.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Raúl Martínez, pour le film Lucia de Humberto Solas, 1968.

On dit qu’un design réussi est le moyen le plus efficace pour faire passer un message ? C’est tellement vrai qu’on peut même changer de message et cela fonctionne toujours.

La preuve avec ces re-créations de la designer cubaine, dans l’objectif de sensibiliser plus de monde aux mesures de prévention qui s’imposent en ces temps de pandémie. La série s’appelle « El cartel cubano en los tiempos del coronavirus ». Je ne vous fais pas un dessin…

Du slogan « Todos a la Plaza » (de la Revolución) de 1970 au message d’aujourd’hui « Todos a la casa », l’impact visuel est intact, 50 ans après !

Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Alfonso Prieto, pour la campagne Todos en la Plaza, 1970.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Eduardo Muñoz Bachs, pour le documentaire Por Primera Vez d’Eduardo Cortázar, 1968.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Eufemia Alvarez del Castillo, pour la campagne « Convertir el revés en victoria » 1970.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Eduardo Muñoz Bachs, pour le film d’animation Las Manos de Juan Padrón, 1978.

Bon, ce n’est pas ça qui va faire diminuer la taille des files d’attente pour le pain, à La Havane comme ailleurs sur l’île… Mais la poésie n’est jamais de trop, quelles que soient les circonstances.


Comme beaucoup de talents cubains, Annick Woungly Massaga et sa sœur jumelle Yannick développent leur activité loin de leur île natale. Je vous avais déjà parlé d’elles l’année dernière, lorsqu’une tornade avait dévasté une partie de Cuba :

Rapidement, elles avaient imaginé une riposte sous forme de T-shirts vendus au profit des sinistrés. Retrouvez cette histoire dans l’article Cuba, toits tornades et réseaux sociaux.

p.s. j’ai encore les T-shirts, ils sont top !


Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Eduardo Muñoz Bachs, pour le film d’animation Vampiros en La Habana de Juan Padrón, 1985.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Julio Eloy, pour le film Clandestinos de Fernando Pérez, 1988.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Eduardo Muñoz Bachs, pour le film Plaff (demasiado miedo a la vida) de Fernándo Pérez, 1988.
Création Annick Woungly 2020, campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ». Original Giselle Monzon Calero, pour le film El Ojo del Canario de Fernándo Pérez, 2010.

Aux dernières nouvelles, l’initiative a même eu les honneurs du Noticiero de la télé cubaine et de la revue über banchée Vistar Magazine. Vous-mêmes, n’hésitez pas à diffuser largement la bonne parole, ou plutôt… la bonne image !


Œuvres citées, par ordre chronologique de 1964 à 2010 :
Reboiro, pour le film Hara Kiri de Masaki Kobayashi, 1964.
Alfredo Rostgaard pour l’anniversaire de l’ICAIC, 1965.
Alfredo Rostgaard, pour le documentaire Now ! de Santiago Alvarez 1965.
Célébrissime affiche de Raúl Martínez, pour le film Lucia de Humberto Solas, 1968.
Eduardo Muñoz Bachs, pour le documentaire Por Primera Vez d’Eduardo Cortázar, 1968. Cette affiche trône dans la chambre de ma petite nièce Abbigaël dont c’est l’anniversaire aujourd’hui ¡ƒeliz cumple !
Alfonso Prieto, pour la campagne de propagande Todos en la Plaza, 1970.
Eufemia Alvarez del Castillo, pour la campagne de propagande Convertir el revés en victoria (Convertir l’échec en victoire, tout un programme…)1970.
Eduardo Muñoz Bachs, pour le film d’animation Las Manos de Juan Padrón, 1978.
Eduardo Muñoz Bachs, pour le film d’animation Vampiros en La Habana de Juan Padrón, 1985.
Julio Eloy, pour le film Clandestinos de Fernando Pérez, 1988.
Eduardo Muñoz Bachs, pour le film Plaff (demasiado miedo a la vida) de Fernándo Pérez, 1988.
Giselle Monzon Calero, pour le film El Ojo del Canario de Fernándo Pérez, 2010. Premier film cubain que j’aie vu à La Havane en 2010, l’affiche est dans mon séjour et je ne me lasse pas de sa beauté.

Image à la Une : Montage réalisé à partir de 3 créations d’Annick Woungly, 2020. Originaux Eduardo Muñoz Bachs et Eufemia Alvarez del Castillo. Campagne « El cartel cubano en los tiempos de coronavirus ».


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