Enquête à Miami : l’hypothèse du tableau volé

Share

Ou plutôt des tableaux volés au Museo Nacional de Bellas Artes, et ce n’est pas la première fois…

Ce n’est pas non plus un polar sulfureux dans le milieu du marché de l’art, mais une histoire vraie qui se répète et dont on n’entend pas beaucoup parler… Déjà en 2014 des informations avaient filtré sur un vol d’envergure dans les réserves du Museo de Bellas Artes. 23 œuvres de Romañach¹, six tableaux d’Armando García Menocal (1863-1942), deux de Víctor Manuel (1897-1972) et de René Portocarrero (1912-1985) figuraient, entre autres, dans le butin.

Et voilà qu’en cet automne 2015 on apprend qu’un Cubain vient d’être arrêté en Grèce, dans le cadre d’une enquête internationale sur la disparition récente de plusieurs douzaines de tableaux. Des œuvres de Romañach, encore lui, et de plusieurs maîtres de l’avant-garde des années 20 à 30 manquent à l’appel dans les locaux de stockage du musée.

Entrée du Museo Nacional de Bellas Artes, janvier 2015
Entrée du Museo Nacional de Bellas Artes, janvier 2015

L’ironie de l’histoire c’est que l’alerte a été lancée depuis Miami par Ramon Cernuda, un galeriste cubano-américain étonné de voir ces œuvres circuler sur le marché de l’art (pour plus de précisions voir l’article de Reuters en bas de page). Du coup le FBI enquête et les autorités cubaines sont pointées du doigt pour avoir tardé à signaler le problème²…

Les temps sont durs dans l’Île et la cote des artistes nationaux explose à l’étranger, une situation qui doit susciter bien des vocations malsaines…

En attendant les résultats de l’enquête je ne peux que vous encourager à visiter ce bellissimo museo, des salles d’Arte colonial jusqu’aux expos temporaires d’art contemporain : un émerveillement !


Leopoldo Romañach, La Niña de la caña (fragment), à voir au Museo Nacional de Bellas Artes
Leopoldo Romañach, La Niña de la caña (fragment), à voir au Museo Nacional de Bellas Artes

¹ Leopoldo Romañach (1862–1951) jouit dans l’Île du statut de figure tutélaire de l’Arte Cubano. Il est peut-être considéré de nos jours comme un aimable peintre de chevalet, mais il a eu parmi ses élèves Amelia Peláez et Lesbia Vent Dumois, ce qui l’assure de ma reconnaissance éternelle !

² Un phénomène courant paraît-il, car les institutions muséales sont extrêmement embarrassées de devoir avouer publiquement leurs failles de sécurité…

D’après un excellent article dans Havana Times : Major Cuban Art Theft Nets Arrest in Greece – Havana Times.org et une news de Reuters : Art theft experts offer to help Cuba recover missing works

Image à la Une : Leopoldo Romañach, Portrait de jeune fille (fragment), droits réservés.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*
Pour prouver que vous êtes une personne (pas un script despam), insérez le mot de sécurité montré dans l'image. Cliquez sur l'image pour écouter un fichier audio du mot.
Image anti-spam