Sin máscaras : afro-cubains, contemporains !

La jungla blanqueada (la jungle blanchie) : c’est le titre que pourrait porter l’œuvre d’Elio Rodriguez, visible en ce moment dans l’exposition Sin máscaras : arte afrocubano contemporáneo.

Elle rend évidemment hommage à La Jungla de Wifredo Lam, créée en 1943 à Cuba… mais appartenant au MOMA de New York. Blanchie par la reconnaissance internationale, en quelque sorte.

Montage réalisé à partir de La Jungla, Wifredo Lam, 1943 (photo Kent Baldner, licence creative commons, thanks !) et La Jungla, Elio Rodriguez, sculpture souple sur toile 2008.

Il vous reste un petit mois pour voir Sin máscaras au Museo Nacional de Bellas Artes de La Havane. Une exposition qui provient exclusivement de la collection privée du sud-africain Chris von Christierson, débutée en 2007 avec l’aide du cubain Orlando Hernández.

Explorer les liens entre l’Afrique et Cuba sans tomber dans le folklore (ah, les masques africains qui trônent sur les étagères européennes…) fut le souci majeur du curateur. Sans éluder non plus les éléments religieux, qui réapparaissent en force après un demi-siècle d’effacement.

El Beso, Yoan Capote 1997/2009. Installation : bronze, parfums et éponges.

Alors, qu’est-ce qui est en jeu dans le travail des artistes contemporains qui se revendiquent afro-cubains ? Le colonialisme, la guerre d’Angola, les migrations, la Regla de Ochá et le Palo Monte, les notions de race et de genre, la violence sociale… Et aussi la critique – tantôt acerbe et tantôt amusée – de la façon dont la génération précédente a traité les mêmes sujets.

Ou parfois rien de tout cela mais tout simplement une quête identitaire… ni forcément afro ni fatalement cubaine, mais bien contemporaine.

Une vidéo dérangeante et hilarante aux multiples interprétations possibles : White Corner, Alexandre Arrechea 2006. Deux vidéos couleur projetées sur mur, durée 8 minutes en boucle. Photo Watch Hill Foundation, droits réservés.

Les trois salles d’exposition temporaire du musée ne sont pas de trop pour abriter les 150 œuvres de Sin máscaras (Sans masque) sans compter les vidéos rares qui tournent en boucle (quand ça marche). Bonne visite !


Artistes présentés : Ruperto Jay Matamoros, Belkis Ayón, Pedro Alvarez, Manuel Mendive, Julián González Pérez, Bernardo Sarría, Santiago Rodríguez, Ricardo Rodriguez Brey, Rene Peña, Moisës Finalé Aldecoa, José Bedia Valdés, Marta María Pérez Bravo, Rubén Rodríguez Martínez, María Magdalena Campos-Pons, Juan Carlos Alom, Manuel Arenas, Elio Rodríguez, Andrés Montalván, Carlos Garaicoa Manso, Oswaldo Castillo Vázquez, Alexis Esquivel Bermúdez, Armando Mariño, Reynerio Tamayo, Ibrahim Miranda, Alexandre Arrechea, Juan Roberto Diago Durruthy, Douglas Pérez Castro, Frank Ernesto Martínez González, José Ángel Vincench, Yoan Capote et The Merger.

Pour en savoir plus sur la Von Christierson Collection / Watch Hill Foundation, rendez-vous sur le site withoutmasks.org. Biographies d’artistes, photos, textes critiques… une mine !

Plan d’accès du Museo de Bellas Artes et horaires de visite ? C’est par là.

Photo à la Une : de gauche à droite Volar no siempre fue una buena solución Andres Montalvan 2007, Nlloro Belkis Ayón 1991, African Abstract Pedro ALvarez 2003, Diloggún Bernardo Sarría 2008, Aguas del Río et Osun de Paloma Manuel Mendive 2009 et 1992, Su-misión Andres Montalván 1995 et enfin Remember The Merger 2012.

Les photos non créditées Watch Hill Foundation ont été prises subrepticement dans l’expo, au terme d’une longue partie de cache-cache avec les gardiennes… pardon.


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