Naissance de Serendipia

Serendipia en 3 dates :

La première fois que j’entends le mot « Cuba » je suis chez Rosette Remacle, une ancienne résistante et amie de ma mère. Les deux femmes partagent le souci d’un monde meilleur pour leurs enfants et Rosette me prête des livres. Dans la conversation apparaît que son fils, professeur de mathématiques, est parti enseigner à Cuba.
Je ressens encore la fierté dans sa voix, l’admiration dans les yeux de ma mère. C’était à la fin des années 60.

2010 : je me décide à aller voir par moi-même. Bien sûr comme beaucoup j’ai suivi de loin les événements politiques de l’île, j’ai lu Reinaldo Arenas et Wendy Guerra, j’ai pesté contre les touristes européens qui  s’étalaient sur des plages interdites aux cubains. Et puis j’ai appris que quelques changements étaient en route, et qu’on pouvait loger en « casa particular » c’est à dire chez l’habitant. J’ai pris l’avion. Je voulais en particulier voir ce qu’il en était de la culture et de l’éducation, reconnues comme les deux réussites du régime.  Ce qui m’a frappée c’est l’état de délabrement de Centro Habana, la pauvreté extrême de tous ceux qui ne vivaient pas du tourisme, la propagande  et, paradoxe, la grande beauté de ce pays, des gens, la science de la fête et la qualité des relations humaines.

J’aurais pu en rester là mais un certain volcan Islandais en a décidé autrement : éruption, nuage de cendres, fermeture des aéroports et… 10 jours d’attente avant de rentrer à la maison. Pendant cette longue parenthèse plus question de faire du tourisme : je me suis promenée au rythme du quartier, je suis retournée dans Centro Habana, me suis aventurée dans les quartiers périphériques et mon regard peu à peu a changé. J’ai perçu ce qui échappe au premier abord : la nécessité de tout inventer au quotidien, une créativité fantastique malgré les difficultés de la vie et un désir terrible d’expression individuelle. J’ai repensé à la persévérance de Rosette. Et j’ai eu envie de témoigner, en accompagnant à ma façon ces cubains qui vivaient un présent immuable : en faisant connaître la création contemporaine cubaine, bien différente de la sainte trilogie salsa-playa-Che Guevara.

2014 nous y voilà : après deux autres voyages sur l’île, pendant lesquels j’ai bien vu que certaines choses changeaient, d’autres pas du tout, je me décide à créer ce site et pendant que j’écris ces lignes – et un petit article sur le 17 décembre « El Dia de San Lazaro » – une autre résurrection s’annonce, celle des relations diplomatiques USA-Cuba. La presse est en émoi et moi je fais ma valise en écoutant la radio : bientôt La Havane, bientôt des textes, des photos pour enrichir Serendipia que j’espère mettre en ligne en mars 2015.

Hasta pronto !

Et aussi :

Pourquoi j’ai décidé de ne pas parler de politique dans Serendipia-cc ?

Mais au fait, qui suis-je ?


Photo à la Une : Premier matin à La Havane, avril 2010

5 réflexions sur “ Naissance de Serendipia ”

  1. Merci pour l’inspiration.
    Quelques photos qui, je l’espère, rendent hommage aux cubains que j’ai rencontrés. A très bientôt Cuba !

  2. Superbes ! Merci beaucoup, je les aime beaucoup. Viñales… une lumière reconnaissable entre toutes.
    Vous recontacterai bientôt car je songe à ouvrir ce blog à des publications comme la vôtre (mais pour l’instant je n’ai pas vraiment le temps de m’en occuper), à suivre !
    Céline

  3. Celine , bonsoir ,et bravo pour ce site , que je consulte maintenant , je connais Cuba depuis 2008 , et enfin , je me sens bien en votre compagnie , je reste très réservée car c’est ma nature , mais je vous aime pour ce que vous dîtes de Cuba , très cordialement Lillie

  4. Merci beaucoup, me savoir lue m’encourage dans cette entreprise un peu loufoque de documenter Cuba depuis ma petite expérience.
    Et à bientôt sur la toile !

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