O comme Oro negro, Oshún

Oro Negro

Oro Negro, Servicentros ou Servicupet (pour Cuba Petroleo) : ce sont les stations services cubaines. Apparemment, rien de bien original si ce n’est qu’il ne faut JAMAIS prendre la route sans s’être renseigné sur la prochaine, le réseau routier étant ce qu’il est. Savoir également que dans le cadre d’une station service, le terme « ponchera » s’applique au gonflage des pneus, rien à voir avec un bol de punch.

Les pénuries s’exercent aussi sur le carburant, qu’elles soient défaut d’approvisionnement ou… de distribution. J’ai vu un chauffeur de taxi contourner une station fermée et aller s’approvisionner dans la ruelle derrière, où on lui a servi un gallon après avoir vérifié l’absence de police à l’horizon… ¡ Hay que luchar !

Carretera de Guantanamo, Cupet Cimex 2013
Carretera de Guantanamo, Cupet Cimex 2013

De fait le pétrole est un souci permanent pour les cubains, depuis la « période spéciale » des années 90 où tous les véhicules privés, commerciaux ou agricoles sont restés à rouiller sur les bas côtés faute de carburant. D’autant que les magnifiques vieilles américaines consomment énormément !

Aujourd’hui c’est aussi un enjeu grandissant pour les pays qui ont les moyens d’investir sur l’île : La canadienne Sherrit ou la vénézuélienne PDVSA (parmi bien d’autres, et ça ne fait que commencer) sont impliquées respectivement dans un forage près de Varadero et la réfection de la raffinerie de Cienfuegos. À suivre…

Oshún

El Cobre, girasoles para Oshún 2012
El Cobre, girasoles para Oshún 2012

Une des principales figures de la santeria, Ochún est toujours souriante, c’est la déesse de la sensualité. Elle symbolise la féminité et les eaux douces, on lui offre des tournesols et du miel, ses couleurs sont le jaune et l’or. Les bouquets de tournesol à vendre à tous les coins de rue sont destinés à fleurir ses autels plus que les salles à manger !

Elle est assimilée à la Virgen de la Caridad del Cobre, patronne de Cuba, dont l’église abrite une collection incroyable d’ex-voto. Bien que n’étant pas croyante j’ai fait le pélerinage moi aussi et y ai croisé un groupe de cubains de Miami s’apprêtant à fleurir leur sainte.

Dans les spectacles de danse traditionnelle figure toujours une Ochún et on rencontre aussi dans La Habana Vieja beaucoup de dames vêtues de costumes coloniaux jaune d’or et traquant le touriste dans l’espoir de monnayer une photographie avec elles.


Pour quelques impressions fugitives de la santeria, voir aussi les pages San LázaroVestido de blanco et Yemaya !


En quelques mots, ce qu’il faut savoir pour ne pas commettre d’impair auprès de vos hôtes  : La regla de Ocha (nom d’origine) ou santeria (nom donné par les prêtes catholiques) est issue des cultes yoruba des africains – amenés à Cuba au XVIIIe siècle pour y être réduits en esclavage – et de la religion catholique. La doctrine de base est animiste : tout être vivant possède un esprit qui l’habite. Les prêtres (que des hommes comme d’hab, sauf très rares exceptions) sont nommés babalawo ou santeros. Pour se protéger et faire perdurer leur religion face aux missionnaires espagnols, les Yoruba ont produit ce syncrétisme entre les orishas et les saints catholiques. Les orishas sont des divinités de la santeria dont une trentaine persistent de nos jours à Cuba sur les 200 du panthéon Yoruba. Les plus visibles dans l’espace public sont Eleggua, Chango, Oshún, Yemaya, et Babalu Ayé plus connu sous le nom de San Lázaro. Ils sont honorés dans des cérémonies privées et présents symboliquement dans certaines églises catholiques, les offrandes auprès de leur saint « jumeau » en témoignent.

D’autres cultes sont pratiqué à Cuba : le Palo Monte et l’Abakua, venus de différents pays d’Afrique.

Pour aller beaucoup plus loin :  La Forêt et les Dieux de Lydia Cabrera aux éditions Jean-Michel Place


N aller à P, Q

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