Nestor Siré, un visa pour Marseille

Que fait un jeune artiste cubain en résidence à Marseille ? Comment voit-il  cette ville ? Pense-t-il à La Havane dans certaines ruelles où les habitants investissent les trottoirs pour étendre leur aire de vie ? Qu’est-ce qui le touche et accroche son regard ?

Des cadenas, des carcasses de vélos, la publicité omniprésente ? Une certaine lumière ? Ou encore, des meubles et objets abandonnés sur le trottoir ?

Nestor Siré, Trabajando en el estudio en Marsella, journal de résidence 2016. Droits réservés.
Nestor Siré, Trabajando en el estudio en Marsella, journal de résidence 2016. Droits réservés.

Néstor Siré, premier lauréat cubain du programme Visas pour la création¹, est en résidence à Marseille jusqu’au 25 octobre. Il devait participer, en compagnie des artistes cubains les plus en vue, à l’énorme exposition Todo Abierto qui devait débuter le 4 novembre à la Friche Belle de Mai, et qui sera peut-être reprogrammée, qui sait ?


Pendant sa résidence à Dos Mares, Néstor Siré s’est attaché dans un premier temps au processus d’acclimatation qui s’est opéré en lui, à la fois fasciné et heurté par la société qu’il découvre. Dans un second temps, il a engagé un travail sur les stratégies du quotidien : un inventaire des aptitudes humaines développées par la nécessité de tirer parti de moyens de fortune.


Très cubain, très marseillais aussi… et en phase avec le courant de l’esthétique relationnelle qui pose la question de la possibilité de générer des rapports au monde, dans un champ pratique – l’art – traditionnellement dévolu à la représentation.

Se vende esta casa, œuvre de Nestor Siré dans l'exposition La Madre de todas las Artes, Centro Wifredo Lam, La Havane 2015. Ou "De la résidence d'artiste considérée comme une permutation" ?
Se vende esta casa, œuvre de Nestor Siré dans l’exposition La Madre de todas las Artes, Centro Wifredo Lam, La Havane 2015. Ou « De la résidence d’artiste considérée comme une permutation » ?

Le galeriste Didier Gourvennec aura – peut-être ) l’occasion de le réinviter et j’aurai – peut-être – des réponses aux questions que je pose plus haut, moi qui suis marseillaise et qui pense souvent à ma ville natale lorsque je parcours Centro Habana… et vice versa.

En attendant nous pouvons suivre son journal de résidence : http://www.2mares-nestorsire.tumblr.com. Et si vous êtes dans le coin, vous pouvez même contribuer à son projet SOS vélo abandonné !


¹ Visas pour la Création est un programme de résidence pour jeunes talents, à l’initiative de l’Institut Français. Il est destiné à des artistes résidant en Afrique ou dans la Caraïbe, qui souhaitent développer un projet précis de recherche ou de création en France ou dans un autre pays d’Afrique ou des Caraïbes.

Source : Nestor Siré, premier artiste cubain lauréat Visas pour la création sur le site de l’Institut Français.

Photo à la Une : Nestor Siré, Je laisse ce vélo pour embellir ma ville, journal de résidence à Marseille 2016. Droits réservés.


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