Los Carpinteros, The Globe, V&A London 2016

Los Carpinteros & Ai Weiwei : Lego ergo sum

La première rencontre avec une œuvre de Los Carpinteros c’était en 2010, ce lit dont le matelas part à la conquête de l’espace.

Cama, Los Carpinteros, Hayward Gallery, London 2010
Cama, Los Carpinteros, Hayward Gallery, London 2010

Un évocation puissante de Cuba en pleine Hayward Gallery, Southbank London. Aujourd’hui le travail de ce collectif est toujours nourri des notions de mobilier, de construction, d’espace habitable… qui à Cuba sont de véritables obsessions pour la plupart des citadins.

Los Carpinteros, c’est Marco Castillo et Dagoberto Rodríguez (au départ ils étaient trois avec Alexandre Arrechea qui depuis des années fait carrière en solo). Ils viennent d’inaugurer une œuvre de commande, The Globe, au Victoria & Albert Museum de Londres.

Los Carpinteros, inside The Globe, V&A 2016
Los Carpinteros, inside The Globe, V&A 2016

Au milieu des nouvelles salles dédiées à l’Europe de 1600 à 1815, trône désormais cet espace panoptique² en forme de coquille d’oursin, destiné au repos de l’âme et du corps, avec vue sur les bustes des penseurs du Siècle des Lumières. Aussi intéressant de l’intérieur que de l’extérieur.

Et Ai Weiwei dans tout ça ? J’y viens.

Sérendipité ou air du temps (carambola del azar dit-on joliment en espagnol), leur trajectoire a croisé à Londres celle du grand artiste chinois au moment où ils utilisaient, tout comme lui, des briques lego pour construire leurs nouvelles œuvres.

Los Carpinteros, Irreversible 2013. Photo Jasin Wyche, droits réservés.
Los Carpinteros, Irreversible 2013. Photo Jasin Wyche, droits réservés.

Ils recréent les monuments hallucinés des pays de l’ex bloc communiste, il dessine³ les portraits grand format de Nelson Mandela ou Edward Snowden avec ces jouets en guise de briques ou de pixels.

Ai Wei Wei, ALcatraz 2015. Photo Peter Thoeny, licence creative commons CC BY-NC-SA.
Ai Wei Wei, ALcatraz 2015. Photo Peter Thoeny, licence creative commons CC BY-NC-SA.

Regard rétrospectif : quand on sait que ni les uns ni les autres n’y avaient droit dans leur enfance, tout en ayant connaissance que le reste du monde en était inondé… la dimension politique n’en est que plus évidente.

L’exposition d’Ai Weiwei à la Royal Academy est terminée, mais The Globe est installé sans limitation de temps au V&A !


¹ Les différentes versions de cette œuvre ont eu beaucoup de succès et se trouvent actuellement dans plusieurs musées ou galeries.

² Le duo travaillait depuis un moment sur l’architecture du panoptique, née justement des idées du britannique Jeremy Bentham.  Un système qui permet à un seul garde d’avoir tous les prisonniers dans son champ de vision sans être vu d’eux…

³ Non sans mal, voir la campagne de soutien #legoforweiwei

Voir aussi l’article de Conxa Rodriguez dans El Mundo : Niños privados de lego

Plus d’œuvres à voir sur le site Los Carpinteros

Photo à la Une : Los Carpinteros, The Globe, V&A London 2016

Enregistrer

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *