LGBT, je crie ton nom

Sensibiliser la population au respect de l’orientation sexuelle, c’est le but de la Xe Jornada contra la Homofobia y la Transfobia, qui débute le 9 mai à Cuba.

Une édition 2017 centrée sur la prévention du harcèlement à l’école, lequel à Cuba comme ailleurs peut aller du petit commentaire aux rouées de coups, en passant par l’isolement des victimes. Bien que selon des études menées au niveau de la région Caraïbe, le problème serait plutôt moins aigu à Cuba que dans d’autres pays…

El Mejunje, Santa Clara : toutes les tribus s’y pressent.

Peut-être, mais on revient de loin : Dans les années 60, les UMAP (Unités Militaires d’Aide à la Production, en d’autres mots : camps de travail) ont concentré jusqu’à 25 000 hommes, pour des motifs aussi variés que la pratique religieuse, l’antimilitarisme et, surtout, l’homosexualité. Être gay ne convenait pas à la morale « révolutionnaire » mais de bonnes grosses journées de travail aux champs, sous la surveillance de l’armée, étaient sensées changer les hommes… Cette période sinistre a fait de nombreuses victimes et provoqué d’innombrables exils.

50 ans plus tard,  le paysage s’est métamorphosé. L’organisme gouvernemental CENESEX œuvre au changement des mentalités et au soutien des personnes gay, lesbiennes, bisexuelles et transsexuelles. Tout le monde sait qu’il est dirigé par Mariela, fille d’un certain Raul. On a tendance à oublier qu’elle est aussi fille de Vilma, créatrice de la Fédération des Femmes Cubaines et dénonciatrice de la répression qui visait les homosexuels

Gros titre du journal El Mundo du 14 avril 1966 : Forge de citoyens utiles à la société (!)

Si le CENESEX occupe une place centrale, il n’est pas le seul à avoir son mot à dire sur la question. Il existe de nombreux groupes plus ou moins informels qui travaillent dans le même sens et ont gagné en visibilité depuis qu’Internet circule sur l’île. Parmi eux, le Proyecto Arcoiris affiche une belle profession de foi :


Parce que la Révolution sera féministe ou ne sera pas, sera antiraciste ou ne sera pas, sera ouverte aux critiques de tous les citoyens ou ne sera pas, sera anti-homophobe ou ne sera pas. Sera, enfin, une lutte absolue contre toutes discriminations ou ne sera pas véritablement socialiste. Et la vie de ceux qui sont morts pour implanter la pleine dignité de l’homme et de la femme sur cette terre manquerait alors de sens.


Autre exemple, à Matanzas un office LGBTI vient d’être célébré par trois pasteurs de l’Église Métropolitaine Internationale pour clore trois journées de réflexion sur « transsexualité et théologie ». Ces pasteurs trans se sont dites impressionnées par le chemin parcouru à Cuba et notamment pas les opérations de réassignation sexuelle réalisées gratuitement dans le cadre du système de santé. Elles regrettent toutefois que le Code de la Famille ne permette pas (pas encore) aux couples de même sexe de se marier ou d’adopter.

El Mejunje, Santa Clara : des travestis venus de toutes les provinces pour le concours 2015.

Mais revenons à la Jornada contra la Homofobia y la Transfobia : après les longues heures consacrées à la réflexion et la sensibilisation, à Santa Clara comme dans la capitale, la manifestation culminera avec une conga haute en couleurs qui prendra d’assaut la Rampa le samedi 13 mai, suivie d’une fête au Pabellon Cuba. Ça vous a plu ? Vous pouvez remettre ça le mercredi 17 à Santa Clara.

C’est l’Orgullo Gay, à vos drapeaux !


Voir l’article Tres pastores transexuales realizan el primer culto LGBTI en Cuba sur le site CIberCuba et Celebrarán en Cuba X Jornada contra la Homofobia y la Transfobia sur le site de l’Agencia Cubana de Noticias.

Les photos de cet article ont été prises à El Mejunje de Santa Clara en octobre 2015, à l’exception de l’archive empruntée à l’excellent blog Kino Glaz de Manuel Zayas.


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