I comme ICAIC

ICAIC

1959, une année exceptionnelle pour… le cinéma !  Et aussi incroyable que cela puisse paraître, un des premiers gestes du nouveau gouvernement de Cuba cette année-là fut de fonder l’Instituto Cubano del Arte y Industria Cinematográficos.

1959 Jean-Luc Godard tourne À bout de souffle tandis que Ben Hur de William Wyler, Some like it hot de Billy Wilder et Les Quatre Cents Coups de François Truffaut sortent sur les écrans, ainsi que Hiroshima mon amour d’Alain Resnais, La Mort aux trousses d’Alfred Hitchcock, Rio Bravo de Howard Hawks et Pickpocket de Robert Bresson…

Le cinéma, reconnu comme un art, était également un instrument d’éducation des masses ! Aujourd’hui malgré des moyens limités l’ICAIC est partout puisque cette entreprise d’état intervient dans l’entretien des salles, la production, le tournage, la distribution et l’archivage des films cubains, qu’ils soient des longs métrages de fiction ou des courts d’animation.

La Habana, ICAIC festival cine frances 2012
La Habana, ICAIC festival cine frances 2012

À La Havane, le siège de l’ICAIC abrite le Ciné Chaplin (mais la Cinemateca a migré au 23 y 12, pas bien loin) où se déroulent de très nombreuses manifestations : Festival du Film Français de Cuba, Festival Internacional del Nuevo Cine Latinoamericano… C’est un quartier tellement cinéphile que la cafétéria en face s’appelle Fresa y Chocolate !

Noticiero

entre juin 1960 et juillet 1990, 1490 éditions d’actualités cinématographiques – nationales et internationales – ont été produites par l’ICAIC et diffusées à la télévision cubaine et dans les cinémas.  J’ai lu quelque part que Fernando Perez (Suite Habana…) attribue sa réussite comme réalisateur au Noticiero, qui lui a appris à faire confiance à l’image.  Et quelle qualité d’image pour cette collection qui a été inscrite au Registre de la mémoire du monde de l’Unesco en 2009 ! Cocorico, c’est l’INA qui a décroché le pompon et qui s’occupe de restaurer et valoriser cette archive.

Vous vous demandez à quoi ça ressemble ? Installez-vous confortablement, éteignez vote téléphone portable et commencez par un sujet sur les obsèques de Beny Moré en 63 :

ou le tournage de La Muerte de un burócrata par le jeune Tomás Gutiérrez Alea en 66 :

Attention c’est addictif…


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