Histoire-géo : Cuba / USA en 6 minutes chrono

Les relations reprennent entre Cuba et les États-Unis après des décennies d’hostilité, nul ne l’ignore. Les deux pays s’observent même tellement intensément que toute tierce puissance a l’impression de faire de la figuration…

Pour tenter de comprendre la force de ce lien aussi culturel que politique, il faut :

  • Regarder une carte de géographie et se rendre à l’évidence.
  • Remonter loin en arrière, pas dans les années 1950 comme beaucoup de gens le pensent, mais dans les années… 1850.

C’est aussi l’avis de Vox Docs qui a produit récemment la jolie  vidéo « A brief History of America and Cuba ». Certes c’est condensé et raconté depuis le point de vue des États-Unis mais ça n’en est pas moins clair :

Voici un bref résumé pour ceux qui trouvent que le texte en anglais défile trop vite :

Vu des  États-Unis, donc, l’histoire commence au milieu du XIXe siècle dans une nation divisée entre pro et anti esclavagistes, dont l’un des chevaux de bataille est la colonie espagnole de Cuba. Les premiers veulent acheter ou prendre l’Île de force pour en faire un état esclavagiste de plus. Les anti, eux, appellent cela de l’impérialisme…

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En 1898 les politiques américains apprécient diversement le soulèvement nationaliste cubain contre l’Espagne, qui les fait s’interroger sur leur propre projet de société, suscitant des batailles rangées au Sénat.

Au final, Cuba gagnera son indépendance avec l’intervention des États-Unis mais devra respecter les conditions quasi impérialistes que le voisin du Nord lui imposera : les États-Unis prendront la baie de Guantanamo, dicteront à Cuba sa politique étrangère et se réserveront le droit d’intervenir dans les affaires cubaines pour protéger leurs intérêts. Parmi lesquels le sucre, synonyme de fortune rapide.

"A thing well begun is half done", 1899. Illustration satirique reflétant les ambitions impérialistes des Etats-Unis. Cornell University, droits réservés.
« A thing well begun is half done », 1899. Illustration satirique reflétant les ambitions impérialistes des Etats-Unis. Cornell University, droits réservés.

L’image de Cuba « paradis de la débauche » se construit en ce début de XXe siècle, en grande partie « grâce » aux épisode de prohibition en Amérique du Nord.

À partir de 1933, les États-Unis de Roosevelt renoncent (temporairement…) aux interventions unilatérales dans les Caraïbes. Cuba devient une république démocratique qui connaît des remous violents dans lesquels les États-Unis n’interviennent pas officiellement.

Mais en 1952 Batista commet son dernier coup d’État et impose un régime dictatorial. La résistance de gauche s’intensifie et les États-Unis, obsédés par le « danger communiste », soutiennent Batista. Vu de Washington, c’est un combat contre le communisme mais pour les cubains, c’est une position impérialiste. Pendant ce temps, la mafia se frotte les mains et fait de belles affaires sur l’Île.

Enfin en 1959 les mouvements de gauche l’emportent et on connaît la suite : Révolution, tentatives d’assassinat envers le nouveau chef d’État, tentative de débarquement dans la baie des Cochons piloté par la CIA, embargo, affaire des missiles soviétiques en 1962, rupture diplomatique complète¹… puis plus de 50 années d’immobilité réduisant officiellement les relations à zéro.

Ce qui n’est pas du goût des citoyens cubains qui ont toujours eu et auront toujours de la famille et des intérêts – historiques, économiques, culturels – aux États-Unis. L’émigration vers Miami à partir des années 80 va complètement modifier les relations entre les deux puissances. En effet, les nouveaux citoyens américains d’origine cubaine feront entendre leur voix dans le débat qui fait rage sur la nécessité (ou pas) de maintenir l’embargo.

Au fur et à mesure des années, l’émigration vers le Nord devient plus économique que politique, l’opinion publique à Miami n’est plus aussi unanime pour le maintien de l’embargo… et enfin, au terme de négociations secrètes, les présidents États-Unien et Cubain se passent un très fameux coup de fil.

C’était le 17 décembre 2014. Les chapitres suivants s’écrivent, lentement, sous nos yeux.


¹ Sans compter les expropriations d’entreprises américaines, que le documentaire n’aborde pas.

Cet article est un petit résumé d’un aspect seulement de l’histoire de Cuba. Pour une vision plus complète, voir l’article wikipedia Histoire de Cuba qui fournit un bon canevas, relativement objectif.

A brief History of America and Cuba est produit par Vox Docs, un site consacré aux documentaires.
Vidéo Johnny Harris & Max Fischer
Musique APM
On s’éloigne un peu de Cuba, mais jetez un œil à leur site voxdocs.org qui recèle de belles pépites.

Image à la Une et visuels de l’article : photogrammes issus de A brief History of America and Cuba, droits réservés.
« A thing well begun is half done » : voir les références complètes ici.


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