Cuba Electronica # 1 / 3

Où l’on remonte le temps jusqu’en 1950 pour retrouver la continuité entre les expérimentations électroacoustiques d’alors et la musique électro telle que la dansent les cubains d’aujourd’hui.

La France a Pierre Henry et son tube Psyché Rock. Il a fait danser les années 70 puis a été remixé maintes fois, notamment par Stereolab. À Cuba l’initiateur était Juan Blanco. Connais pas ?  Découvrez toute l’histoire avec le docu SUB.Culture – Cuba produit par Thump¹ !
Premier épisode :

De la première génération de musiciens électroacoustiques latino-Américains, Juan Blanco a composé sa première œuvre électroacoustique, Musica para Danza, en 1961. En marge de la culture officielle, il expérimentait tous azimuts – oscillateurs, spatialisation, multimédia – avec la technologie de l’époque. C’était tellement expérimental qu’il fut un temps soupçonné de travailler pour la CIA. Toujours cette défiance envers les avant-gardes qui pourraient importer un art dégénéré… Mais sa légitimation par ses pairs, les invitations dans les festivals internationaux, lui permirent de continuer à travailler.

Juan Blanco, capture d'écran SUB.Culture: Cuba Part 1. Thump Production © 2016Vice Media
Juan Blanco, capture d’écran SUB.Culture: Cuba Part 1. Thump Production © 2016Vice Media

Il a formé Juan Piñera et son propre fils, Emmanuel Blanco, aujourd’hui directeur du Laboratorio Nacional de Música Electroacústica. Leur lutherie a évolué avec les synthés Moog et les bandes magnétiques coupées et recoupées. Une évolution cependant lente car l’embargo interdisait l’entrée de la technologie sur l’Île. Ils eurent quelques ordinateurs, de vieilles tours de disque dur suffoquant sous la chaleur cubaine, ils connurent les mixages sur Macintosh Classic 2… Mais la nécessité provoque la créativité… et façonne l’esthétique.

capture d'écran SUB.Culture: Cuba Part 1. Thump Production © 2016Vice Media
capture d’écran SUB.Culture: Cuba Part 1. Thump Production © 2016Vice Media

Au début des années 2000, cette génération entend parler de jeunes qui organisent des espèces de concerts dans des maisons isolées et se font appeler DJ. C’est ainsi qu’ils rencontrent Joyvan Guevara (nom de guerre : D’Joy de Cuba) et Wichy de Vedado. Ils les traînent dans leur studio pour commencer à travailler ensemble.

Nous y voilà. Aujourd’hui les susnommés et Ivan Lejardi (parmi d’autres) travaillent à faire de cette musique électro une alternative viable à l’intérieur de la culture musicale cubaine. Ils visent un style fusion – car pourquoi se priver de la complexité rythmique d’une bonne rumba ? mais qui soit joué et dansé partout dans le monde. Et ils enseignent à la génération 4 la production et le mixage dans ce même studio où Juan Blanco démarrait l’aventure électroacoustique cubaine.

Retenez bien les noms des nouveaux :  Electronica Palestina, Zevil, Jigüe… et rendez-vous très bientôt pour l’épisode # 2 de ce feuilleton électro.


¹ Thump : The electronic Music and Culture Channel from Vice. Une mine pour les musiques actuelles et cultures urbaines !

Le titre complet du film que vous venez de voir est Meet The Pioneers Who Inspired Cuba’s Dance Music Scene – SUB.Culture: Cuba Part 1.
Thump Production © 2016Vice Media LLC.

Vous reconnaissez dans ces images les rues de Santiago, l’entrée de la Fabrica et bien des lieux qui vous rappellent de bons souvenirs ? Moi aussi. En revanche aucune femme… Au XXIe siècle la musique demeure un bastion mâle. Et à Cuba aussi… J’espère que les épisodes suivants (que je n’ai pas encore vus) seront un peu plus mixtes, non mais.

Les photos illustrant cet article ainsi que la Une sont des captures d’écran du documentaire. Droits réservés.


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