Archives de catégorie : photographie

La Havane, culture en quartiers # 2

Après Culture en quartiers # 1 : le Vedado, poursuivons notre exploration à Miramar, puis du côté de Habana Vieja et Centro Habana :

Miramar et au-delà

6 Il suffit de passer le pont

Une fois passé le Puente de Hierro, cette  partie de Miramar abrite depuis toujours de nombreuses ambassades et maintenant, des galeries.

Miramar et nulle part ailleurs, La Havane 2016
  • Artista X Artista est un lieu de résidence, une initiative de Carlos Garaicoa, parfois ouverte au public. À quelques cuadras se trouvent
  • Galeria La Acacia et
  • Galeria Artis 718, toutes deux appartenant au réseau du Fondo Cubano de Bienes Culturales. Il existe aussi nombre de galeries indépendantes, à découvrir au hasard de vos pérégrinations.
  • Le Teatro Karl Marx, immense, n’est pas bien loin.

La journée idéale : De longues promenades le long des avenues ombragées, bordées d’hôtels particuliers et de maisons d’architecte au luxe souvent fané, ponctuées de pauses dans les galeries d’art ou les cafés branchés. Pour finir, on se joint à la foule qui prend d’assaut le Karl Marx ou on tente le Rio Club Johnny, pour une soirée Techno les pieds dans l’eau.

Shopping : 5/10. Quelques tiendas diplomaticas datant d’une autre époque vous proposent vêtements et parfums, le tout très cher. Pause à la fraîche : On choisit un banc à l’ombre sur la 5e avenue ou on tente la Playita de 16. Au bout de la calle du même nom, elle n’a que du béton érodé ou des rochers coupants à vous offrir, mais parfois le désir de baignade dicte ses lois…

Galeria Artis 718, sur les hauteurs de Miramar, 2017.

7 Plus loin vers l’ouest

L’Avenida 5tera poursuit sa longue route vers l’ouest :

  • Le Café Jazz CIné Miramar a toujours quelque chose d’intéressant à proposer. Plus loin, au rond-point, on ne peut pas rater la
  • Carpa Trompoloco qui programme du cirque, bien sûr, mais aussi des matinées musicales. Un rond-point plus loin et c’est le tiercé gagnant : L’entrée du
  • Museo Organico Romerillo fait face à celle de
  • l’ISA (Instituto Superior de Arte) qui jouxte
  • El Sauce, bar musical de grande qualité.

Notez que le M.O.R. offre une exposition permanente de la collection personnelle de l’artiste Kcho et s’étend symboliquement dans le llega y pon de Romerillo où de nombreuses interventions d’artistes donnent une dimension discrètement surréaliste au quotidien. L’ISA ne se visite que lors de manifestations exceptionnelles.

La journée idéale : Cela dépend énormément du programme annoncé. Tant qu’à faire de vous déplacer si loin, consultez La Papeleta avant de partir ! Et surtout, si vous êtes amateurs d’architecture, n’oubliez pas vote appareil photo.

Shopping : 0/10. Même le wifi est gratuit au Museo Organico Romerillo (bien que maintenant il faille consommer pour pouvoir se connecter). Pause à la fraîche : Ce n’est pas la verdure qui manque dans le coin, mais l’accès à la plage semble plus ou moins privé.

Ciné Teatro Miramar, sur la 5e Avenue de La Havane.
Le useo Organico Romerillo et quelques œuvres de Kcho dans la cour. Romerillo, 2015.
La Havane, ISA, escuela de ballet de Vittorio Garatti en 2015

Habana Vieja et Centro Habana

cliquez pour agrandir la carte

8 La Habana Vieja renaissante

Le quartier est tellement saturé de bâtiments et musées patrimoniaux qu’il faut bien faire un choix. Voici 13  lieux qui ne sont pas dans tous les guides, à découvrir tranquillement au gré d’une promenade allant du nord au sud en zigzagant entre ruines poignantes et superbes réhabilitations.

L’un des espaces d’exposition du Centro de Arte Contemporaneo Wifredo Lam, La Havane.
  • Seis Seis estudio de Arte Contemporaneo, galerie indépendante, se trouve tout près de la Loma del Angel, spot touristique de charme.
  • Le Centro de Arte Contemporaneo Wifredo Lam avec ses propositions contemporaines parfois conceptuelles, et le
  • Taller experimental de Gráfica de La Habana, où vous trouverez  des gravures à prix accessibles, sont voisins de la Plaza de la Catedral.
  • Factoria Habana est une splendide galerie indépendante sur trois étages, dans l’étroite calle O’Reilly, non loin de la Plaza de Armas où siège la
  • Galeria Ruben Martinez Villena, installée en vitrine d’une modeste bibliothèque.
  • La Marca, salon de tatouage tenu par une fine équipe qui multiplie les projets communautaires, est à quelques pas de
  • Clandestina 9% Diseño Cubano. Bien plus qu’une boutique, c’est un centre de promotion du design made in Habana !
  • L’Oratorio San Felipe Neri se distingue par une programmation de musique baroque (l’autre spécialité musicale cubaine) tandis que
  • Danza Teatro Retazos abrite la compagnie de danse du même nom, souvent présente dans l’espace public. Ouvrez l’œil, la danse pourrait surgir au coin de la rue ! Arrivés sur la Plaza Vieja, vous ne pouvez pas rater
  • la Fototeca de Cuba qui expose des photographes cubains et internationaux, ni le
  • Centro de Desarollo de las Artes Visuales consacré à la promotion des jeunes plasticiens nationaux. À deux pas,
  • le Taller René Portocarrero est à visiter pour voir les artistes travailler avec les spécialistes de la sérigraphie. Enfin, à la pointe sud de Habana Vieja, la
  • Galeria Taller Gorría, GTG pour les intimes, se distingue dans cet environnement de maisons basses. Un brin people en apparence, elle propose aussi des animations et ateliers aux enfants et ados de ce barrio oublié, où les conditions de vie sont plus qu’ingrates.
Entrée de la Galería Taller Gorría, toiles de Juan Miguel Pozo, octobre 2016

La journée idéale : Il en faut au moins deux ! Et autant de nuits pour tester les nouveaux bars branchés dont les noms commencent à circuler sur les réseaux sociaux. Non, je ne dirai rien…

Shopping : 10/10 en étant sélectif. Le pire est à craindre sur les pas de porte transformés en attrape-touristes, mais il y a aussi de belles librairies et les boutiques sus-citées pour des souvenirs plus arty. Pause à la fraîche : ça va être difficile… à moins de pousser jusqu’à l’Avenida del Puerto et son pont flottant, pour profiter de la brise au bord de l’eau.

Gran Teatro de La Habana : marbre et velours
Taller de serigrafia René Portocarrero, 2016.

9 Du Malecón au Barrio Chino, Centro Habana

L’axe qui va du Malecón au Parque de la Fraternidad, sur l’emplacement des murailles de la vieille ville, est un chapelet de monuments tous plus somptueux (a lo cubano…) les uns que les autres. Mais un simple pas de côté vous plonge dans la réalité ordinaire de Centro Habana ou du Barrio Chino, nettement moins glamour.

À deux pas de l’esplanade où le Prado débouche sur le Malecón, le

  • Centro Hispano-Americano de Cultura occupe actuellement la fameuse Casa de las Cariatidas. Grâce à sa réassignation culturelle, vous pouvez maintenant la visiter ! Puis longez le Prado et parmi toutes les beautés, jetez un œil à un bâtiment qui ne paie pas de mine : c’est le
  • Centro de Danza de La Habana. Ce complexe de studios abrite plusieurs compagnies qui répètent ici et parfois ouvrent leurs portes au public. Quelques pas à gauche et vous êtes au
  • Museo Nacional de Bellas Artes – Edificio Arte Cubano. Si vous ne deviez en visiter qu’un seul… ce serait celui-là. Collection permanente, expos temporaires et programme de concerts : au top !

    Enrique Caravia, mosaïque murale, hall du Museo Nacional de Bellas Artes, edificio de Arte Cubano
  • Puis retraversez le Prado et allez faire un tour dans Centro Habana. Le
  • Teatro America impressionne avec sa façade Art Déco, son ballet de musicos qui défilent de jour comme de nuit et la foule qui piétine pour acheter les places tant convoitées. Presque en face se trouve la
  • Galeria Galiano qui comme sa jumelle la
  • Galeria Collage Habana, promeut les artistes contemporains nationaux. Elles sont installées dans d’anciens magasins, de beaux témoignages de la vocation commerçante du quartier. Puisque vous êtes dans la partie piétonne de la calle San Rafael (le Bulevar), regardez le programme du
  • Cinécito, spécialisé dans les films jeune public. Puis suivez le mouvement des badauds qui va immanquablement déboucher sur le Parque central. Là, trône le
  • Gran Teatro de La Habana, siège du Ballet Nacional de Cuba. Intéressant en journée : l’immense hall de stuc blanc immaculé abrite la
  • Galeria Origenes, un bon prétexte pour visiter les lieux. En face se trouve le
  • Ciné Payret, l’un des plus anciens de la capitale, que je mentionne ici au cas où il rouvrirait un jour… Juste à côté, le
  • Museo Nacional de Bellas Artes – Edificio Arte Universal, qui en plus de sa collection permanente, accueille des événements internationaux de grande qualité. Il ne vous reste plus qu’à lorgner le programme du
  • Teatro Marti. Récemment réhabilitée, cette salle est spécialisée dans l’art lyrique. Enfin, traversez le Parque de la Fraternidad pour aller vous perdre dans le Barrio Chino. Vous allez tomber sur le phénomène du moment : la
  • Galleria Continua, installée dans un modeste cinéma à la façade mi Art Déco – mi chinoise. Qui pourrait se douter que derrière ces murs, de grands artistes, venus des quatre continents, exposent régulièrement ?
Aguila de Oro, Galleria Continua entre 2 expos, octobre 2016

La journée idéale : Pour humer l’ambiance, préférez le Prado, où il se passe toujours quelque chose (bourse aux apparts, concours de skate, vieux couples enlacés pour un dernier danzon…) au Parque Central, blindé de touristes et leurs contreparties cubaines : les rabatteurs. Passez un bon moment au Museo de Bellas Artes puis choisissez un spectacle ; ballet, jazz, opéra…

Shopping : 8/10. La boutique du Museo est intéressante et il y a du rhum et des cigares en quantité dans les boutiques des grands hôtels. Pause à la fraîche : Ce quartier survolté n’est pas de tout repos, mais essayez les cafeterias des musées ou les bars d’hôtels, il y a l’air conditionné !

teatro America, Centro Habana, 2012.
Installation du collectif The Merger, Galeria Collage Habana, 2016.

Autres quartiers

Bien sûr cette énumération est incomplète, et il y a aussi des lieux intéressants dans les autres quartiers : le centre culturel Enguayabera à Alamar, un joli Museo à Regla, un Centre d’Art à San Agustin et une galerie dans Diez de Octubre… entre mille autres…

Mais compte tenu de la longueur déjà considérable de cet article, je m’arrête là. À vos imprimantes et à bientôt pour La Havane, culture en quartiers # 3 !


Photo à la Une : vernissage de l’exposition de José Yaque dans l’installation d’Anish Kapoor, Galleria Continua La Havane, juillet 2017.


Sin máscaras : afro-cubains, contemporains !

La jungla blanqueada (la jungle blanchie) : c’est le titre que pourrait porter l’œuvre d’Elio Rodriguez, visible en ce moment dans l’exposition Sin máscaras : arte afrocubano contemporáneo. Continuer la lecture de Sin máscaras : afro-cubains, contemporains !