P comme Pastel, Pregonero, Propaganda et Q comme Quinceaños

Pastel

C’est surtout le dimanche matin qu’on croise ces équilibristes qui ramènent à la maison un splendide pastel pour le déjeuner. Vue de loin la déco évoque une crème au beurre, ce qui serait légèrement inquiétant compte tenu de la température… mais ce n’est qu’une meringue colorée. La pâtisserie cubaine semble pour l’instant se limiter à ces génoises gorgées de sirop et nappées de couleur. D’ailleurs, de même que Coppelia n’a souvent qu’un parfum à offrir, les pâtissiers n’ont parfois qu’une teinte à leur disposition.  En semaine, à l’heure de la sortie du travail, on s’offre une part individuelle et des feuilletés à la goyave, plutôt bons.

Pregonero

Santa Clara, pregonero 2012
Santa Clara, pregonero 2012

C’est un vieux métier, de ceux dont on fait des cartes postales en Europe. Mais les difficultés d’approvisionnement et le développement de l’entreprise individuelle l’ont ramené dans le cœur des villes : les crieurs des rues sont partout, tôt le matin et jusqu’à la nuit. Souvent ils vendent des légumes, des fromages frais ou des petits services. Plus surprenant : dans le quartier de Tivoli à Santiago, un type arpente les rues la nuit, en traînant une glacière à roulettes. À chaque coin de rue il donne un coup de sifflet et chante un couplet et les voisins descendent acheter une bière bien fraîche. L’éclairage public étant très chiche, tout ça se passe dans le noir… ambiance inoubliable.

Propaganda

Santa Clara, propaganda 2012
Santa Clara, propaganda 2012

Que dire ? Elle est partout, parfois d’un graphisme splendide, parfois bricolée, souvent rouillée ou écaillée donc en contradiction flagrante avec le message (Venceremos !) à dispenser. La propagande voisine aussi avec les logos des équipes de beisbol ou des marques de glace, laissant à penser qu’à force, les cubains la regardent sans la voir. De temps en temps, une phrase de pure poésie s’impose au regard. Et ces derniers temps, la tendance est à la sanctification d’Hugo Chavez…

Quinceaños

La Havane, quinceañera 2013
La Havane, quinceañera 2013

Comme dans toute l’Amérique latine, les familles célèbrent l’anniversaire des quinze ans des filles. Pourquoi des filles ? Bonne question. À Cuba cela prend une importance considérable : Les parents économisent pendant des années pour s’offrir tous les éléments de la fête, qui comprend obligatoirement une séance photo avec maquillage, robes de princesse, voiture décapotable et décor colonial… Vous aurez peut-être l’honneur de feuilleter l’album si vous entrez dans l’intimité d’une famille. Pour la fiesta entre ados à laquelle vous ne serez pas invités, voici un très joli reportage photo sur le Washington Post : What a Quinceañera in Cuba looks like. Enjoy !


O aller à R

2 réflexions sur « P comme Pastel, Pregonero, Propaganda et Q comme Quinceaños »

  1. Merci mille fois pour ce regard acéré -et assez rare il faut bien le dire- sur Cuba. C’est vrai que le pregon s’est importé dans les villes et de chez moi dans le Vedado, on l’entend souvent. Ces appels suppléent à l’absence de pub et sont d’une créativité linguistique réjouissante et souvent exprimés avec plein de trémolos dans la voix – ben oui, il faut rendre le produit « glamour » comme me dit un Cubain ! Ici, pas d’affiche ni de slogans (autres que « révolutionnaires »), pas de spot TV ni de newsletters, alors les pregoneros déploient tous leurs charmes vocaux !
    Et je voulais dire aussi que maintenant il y a plusieurs pâtisseries de cuentapropistes qui se sont ouvertes depuis peu à La Havane (surtout dans le Vedado mais probablement ailleurs aussi) et qui proposent une plus grande variété de gâteaux (comme quoi, quand on veut…) pas mauvais du tout, même si les meringues bleues et roses transportées souvent sans emballage, y compris par un passager sur le porte-bagage d’un cycliste -art de l’équilibre !!- voire même dans une guagua bondée, sont les seuls accessibles pour la majorité des Cubains !

  2. Merci ! Alors je suis preneuse des adresses des pâtisseries du Vedado ! J’y loge, calle Linea entre M y N, à chacun de mes séjours, mais je n’ai pas encore vu de pâtisserie dans le quartier. Vive le cuentapropismo !

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